mardi 30 juillet 2013

Un week-end à Milly-la-Forêt : le troupeau aveugle

Illustration : CAZA

Ce titre de l'incontournable roman de John BRUNNER (1) pourrait parfaitement s'appliquer à un phénomène bien connu des Milliacois les samedi et dimanche matin : la ronde sans fin des voitures qui, telles des mouches devant une vitre, tournent inlassablement et stupidement autour de la place de la Halle.

Conséquence : des moteurs qui chauffent, des esprits qui s'échauffent, beaucoup de temps perdu et un bilan carbone déplorable apportant sa part à l'aggravation de l'effet de serre.

La faute à certain(e)s automobilistes ? Oui, mais pas seulement.

Ce phénomène récurrent est connu de tous et, bien entendu, de nos élus dont, si nous avons bien compris, la vocation est de préserver la qualité de vie de « notre jolie ville »  « en restant attentifs à nos besoins » (c'est en tout cas ce que proclame Monsieur le maire dans les éditoriaux du bulletin municipal).

Pour le coup, il faut bien reconnaître que c'est raté à moins d'admettre que piétons, cyclistes, enfants et personnes âgées plus ou moins alertes prennent leur pied à slalomer à leurs risques et périls entre de vrombissants monstres de tôle, tout en se délectant du délicieux fumet évoluant gracieusement hors de leur pot d'échappement.

Disons-le clairement : pour les élus, ignorer une telle problématique constitue à nos yeux une bien piètre expression de leurs responsabilités tant les multiples enjeux (environnementaux bien sûr, mais aussi économiques, sociaux et sanitaires) justifient amplement de réunir la totalité des parties prenantes (élus, techniciens, administrations, commerçants, associations, entreprises, citoyens) afin de travailler ensemble à l'amélioration de leur futur cadre de vie commun.

La concertation : évidence et nécessité

Cette prise en mains du problème se justifie d'autant plus que la réflexion en cours dans le cadre du PLU ne peut ignorer la question des transports et du « vivre ensemble » que l'évolution démographique de la commune et des environs place au premier plan des priorités ...
et ne parlons pas de notre arlésienne préférée, l'Agenda 21 communal annoncé depuis la fin de l'année dernière où le sujet en question trouverait naturellement sa place.

En attendant mieux, l'intérêt de nos élus pourrait se manifester rapidement par au minimum un fléchage des parkings municipaux (totalement inexistant aujourd'hui) et la présence (même remarque) de la police municipale aux périodes concernées.

Par ailleurs, nous leur conseillons vivement de visiter le site de l'association Rue de l'Avenir, riche en informations utiles pour qui souhaite réellement améliorer la qualité de vie de sa commune.

Pour le reste, comme souvent en matière de décision, c'est une affaire d'imagination et de courage et nous sommes convaincus que mesdames et messieurs nos élu(e)s nous démontreront rapidement qu'ils ne sont dépourvus ni de l'un ni de l'autre.


(1) S'il faut lire un roman traitant des effets dévastateurs de la pollution et des tentatives désespérées des écologistes pour la combattre, c'est bien « Le troupeau aveugle » de John BRUNNER. Écrit en 1972, il reste redoutablement actuel (Tout comme le fameux rapport MEADOWS « Halte à la croissance ? » édité à la même époque et qui est revenu au premier plan de l'actualité).
L'idée qu'il ne peut y avoir impunément de croissance infinie dans un monde fini semble si simple que nos décideurs y sont restés totalement réfractaires poursuivant (avec et malgré nous) leur marche en avant suicidaire.

Pour en savoir plus sur le livre de John BRUNNER, c'est ici et

Et pour le rapport MEADOWS, re-ici, re-là et re-re-là


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