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dimanche 1 mars 2015

DANS LA RUE, À VÉLO, ON ÉVITE LES AUTOS


Source CARFREE

Voici une vidéo que nous propose l'excellent site Carfree sur les dangers encourus par les cyclistes en zone urbaine (ce qui ne signifie pas que ce soit plus sûr ailleurs). Elle reflète une réalité qui s'étend bien au-delà du lieu de tournage (Rouen), par exemple une réalité milliacoise.

Voilà pourquoi il ne serait pas inutile de diffuser ce document à nos décideurs locaux afin qu'il prennent conscience du travail de sensibilisation et d'aménagement qui leur incombe (mais auquel le citoyen-cycliste, fort de multiples propositions, est prêt à collaborer)

Car, bien entendu, il n'est pas question de monter cyclistes et automobilistes les uns contre les autres mais plutôt d'apporter notre pierre à une nécessaire coopération ( qui commence par une compréhension mutuelle) entre les différents utilisateurs de la rue et de la route. A ce propos, admirons au passage le calme du cycliste-cinéaste et son souci de communiquer malgré tout chaque fois qu'il en a l'occasion.

jeudi 5 septembre 2013

Déplacements à Milly-la-Forêt, où en est le PAVE ?

Source : Départements et Régions cyclables

PAVE : Plan de mise en Accessibilité de la Voirie et des aménagements des Espaces publics. Encore un sigle mais dont l'importance n'échappera à personne puisqu'il concerne une préoccupation majeure des milliacois : les déplacements en ville.

D'après la loi du 11 février 2005 (pour « l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées »), toutes les communes ont pour obligation d'élaborer ce plan. L'échéance théorique, fixée au 23 décembre 2009 fut rarement respectée. A Milly-la-Forêt, le PAVE fut publié en octobre 2011 dans la plus grande discrétion.

Mais d'abord, quels sont les objectifs du PAVE ?

Initialement destiné aux personnes handicapées et à mobilité réduite, le cadre de réflexion sur la voirie et l'espace public a évolué vers «la notion d’une voirie pour tous au sein de laquelle les cheminements des piétons, les aménagements cyclables et la régulation de la vitesse des véhicules sont les trois thèmes de référence. Aussi, l’aménagement permettant à l’ensemble des modes de trouver leur place, les mesures de régulation de la vitesse, la sensibilisation-communication, la signalétique, l’exploitation et le contrôle peuvent-ils servir de cadre de référence à la démarche de PAVE en l’inscrivant dans une réflexion plus globale » (Certu décembre 2009)

Le PAVE de Milly-la-Forêt élaboré par un cabinet d'études avec le soutien du PNR du Gâtinais Français fait ressortir trois thématiques principales représentatives des difficultés en matière de déplacements que les milliacois ne connaissent que trop bien. Il s'agit de :
  • La présence de cheminements non roulants et étroits
  • La présence de cheminements encombrés
  • La présence de traversées de chaussée non conformes
Le rapport précise que « La commune a d’ores et déjà planifié des travaux et des aménagements qu’elle souhaite entreprendre sur sa voirie dans les années à venir. Ainsi, le plan des circulations de la commune est en cours de révision ; celui –ci vise à sécuriser les déplacements des piétons sur la voirie avec un objectif premier : la mise en place d’une zone 30 dans le centre ville et les boulevards ».Voilà qui est intéressant.

Alors, où en sommes-nous deux ans après ?

La seule mesure mise en place est, sauf erreur de notre part, le mise en place d'une zone 30 dans le centre ville, malheureusement dans des conditions que nous continuons à dénoncer (pas de concertation, interdiction arbitraire des double-sens cyclables, aucune sensibilisation, une communication minimale).

Venons-en maintenant aux projets municipaux évoqués par le rapport. Ils sont au nombre de quatre et concernent les rues du centre-ville « historique ». On en retient qu'ils semblent aller dans le bon sens puisqu'ils prévoient notamment :
  • La réhabilitation lourde de la voirie sur certaines rues « sinistrées » (notamment la rue du faubourg de Melun et la rue Saint Pierre)
  • Le traitement des obstacles dans les rues concernées
  • La création ou mise en conformité de traversées de chaussées
  • La création d’un cheminement identifié pour les piétons, protégé de la circulation automobile, pour les rues de Melun, Charles Cochin, Notre Dame, Cocteau, Saint Jacques, Farnault et place Grammont
  • La requalification en zone de rencontre Place du Marché, Grande rue et la rue Langlois

Cette dernière proposition nous semble prioritaire, répondant à une demande générale de sécurité dans cette zone et qui présente l'avantage de satisfaire l'ensemble des usagers et des commerçants.

Le rapport rappelle à juste titre que «  La zone de rencontre est réalisée dans les secteurs urbains où la fréquentation piétonne est importante, plus importante que la fréquentation automobile et est particulièrement adaptée lorsque les rues ne possèdent pas de trottoirs ou lorsque ceux-ci sont impraticables. La vitesse automobile y est limitée à 20km/h, les piétons y sont prioritaires »

Source : Signaclic


Il reste que cette liste ne représente pour l'instant qu'un projet dont nous attendons une présentation et une discussion approfondie dans le cadre d'une commission extra-municipale ou d'ateliers spécifiques.

Cette consultation impliquant tous les milliacois, s'intègre parfaitement dans les réflexions en cours menées dans le cadre du PLU et de l'Agenda 21.

Nous sommes également curieux de savoir où en est le suivi du PAVE, le rapport indiquant dans sa conclusion : « L’organisation une fois par an d’une réunion de la Commission d’Accessibilité aux Personnes Handicapées permettra de rendre compte du respect du phasage et de l’état d’avancement des travaux planifiés. A la suite de ces réunions, la transmission d’un rapport sera effectuée afin de valider l’état d’avancement. »

Pour finir, relevons que la formule « Une autre vie s'invente ici » s'affiche fièrement en première page du rapport. Alors chiche ?


Pour consulter l'intégralité du PAVE de Milly-la-Forêt (constat et préconisations) cliquez ici

Pour en savoir plus sur les zones de rencontre, c'est

mardi 2 avril 2013

Milly-la-Forêt : les cyclistes vont être comme des poissons dans l'eau (suite et fin ?)

Source : Le bocal à poisson

Un article daté du 1er avril ne pouvait échapper à la tradition. L'interview de François ORCEL est donc imaginaire, chacun l'avait deviné.

Imaginaire ? Nous caressons toutefois l'espoir qu'il ne le soit plus un jour prochain et tout au moins qu'une sérieuse discussion puisse sereinement s'engager sur un sujet majeur pour les habitants de Milly-la-Forêt.

L'humour au service du sérieux, en quelque sorte.

Alors, rendez-vous avant le 1er avril 2014 ?

lundi 1 avril 2013

Milly-la-Forêt : les cyclistes vont être comme des poissons dans l'eau

Source :http://ontheroadagain.travellerspoint.com/

Des bruits commençant à courir sur le lancement d'une politique municipale des déplacements totalement novatrice, nous nous sommes empressés de questionner directement le maire de notre commune, François ORCEL.

Voici donc in extenso la transcription de notre conversation.

Monsieur le maire, nous confirmez-vous que des changements importants vont intervenir en matière de déplacements sur notre commune ?

Oui. Mon équipe et moi-même avons pris conscience des graves lacunes de notre politique en la matière et décidé d'y remédier au plus vite. Il nous était chaque jour de plus en plus insupportable de voir se creuser le retard que nous avions accumulé sur de nombreuses autres communes qui, depuis longtemps, avaient pris des mesures courageuses et innovantes, notamment en faveur des cyclistes.

Comment s'est opérée cette prise de conscience ?

Vous connaissez l'importance que nous portons à l'avis de nos concitoyens. Cette longue pratique de l'écoute active nous a fait prendre la mesure de ce qui nous semble aujourd'hui être une préoccupation majeure et même prioritaire de la population. Je peux d'ailleurs à ce sujet vous annoncer d'ores et déjà une mesure phare : la création d'une commission extra-municipale permanente des déplacements qui sera composée d'élus, de techniciens territoriaux et d'habitants et qui travaillera sur un plan d'actions global

Ne craignez-vous pas les débordements inhérents à ce type d'assemblée, surtout compte-tenu des frustrations accumulées pendant des années ?

Et alors ? Ces « débordements », comme vous dites, seraient tout à fait justifiés ! Je suis profondément convaincu qu'il faut donner aux gens la capacité de s'exprimer. Après tout, ce sont eux les premiers acteurs, ils ont beaucoup d'idées à défendre et de propositions à faire. Faisons-leur confiance ! Il serait extrêmement présomptueux de notre part de penser que nous avons la science infuse. Nous devons mettre les citoyennes et les citoyens de cette ville en situation d'être force de proposition et réussir à construire ensemble.

Vous êtes donc un partisan convaincu de la démocratie participative !

Oui, absolument ! Et je crois aussi énormément aux vertus de l'intelligence collective.

Avez-vous déjà quelques idées à proposer ?

Oui. Mais bien sûr, il appartiendra à la commission extra-municipale de les valider.

Pouvez-vous néanmoins nous en toucher quelques mots ?

Bon, puisque vous y tenez, j'ai quelques vieilles idées qui me trottent dans la tête depuis un bon moment. Celle par exemple d'irriguer totalement la commune de voies douces permettant à chacun de se déplacer à pied ou à bicyclette afin de vaquer à ses occupations quotidiennes en toute sécurité. Ces voies seraient bien entendu prioritaires.

Prioritaires sur les voitures ?

Pourquoi pas ? Après tout, au nom de quoi les voitures seraient-elles systématiquement avantagées ? Elles sont bruyantes, polluantes, dangereuses et elles prennent beaucoup de place. Tout au contraire, le vélo ou la marche à pied sont des pratiques saines qui, à notre échelle communale, s'intègrent parfaitement dans notre quotidien. A titre d'exemple, un de mes objectifs à terme est que les déplacements vers et depuis l'école se fassent intégralement à pied ou à vélo.

Le vélo parlons-en. Quid de l'interdiction des double-sens cyclables ?

C'est une erreur que d'avoir systématisé cette mesure. Nous allons prochainement ré-étudier la question rue par rue, comme cela a été pratiqué dans de très nombreuses communes.

Voilà qui satisfera probablement les cyclistes !

Oui, nous l'espérons. Mais ce n'est pas fini car nous avons d'autres idées que nous soumettrons à la commission extra-municipale.

Pouvez-vous nous en citer quelques-unes ?

Il y en a beaucoup ... quand on aime, on ne compte pas, n'est-ce-pas ?
Citons par exemple un dégrèvement fiscal en faveur des utilisateurs réguliers du vélo, le développement des parcs à vélos en centre-ville, la mise aux normes des trottoirs, la création d'une fourrière municipale destinée notamment à lutter contre le mal endémique du stationnement sauvage des voitures et le renforcement des contrôles de vitesse.


En prenant ces mesures drastiques, ne craignez-vous pas d'être traité « d'écolo intégriste » ?

Drastiques, ces mesures ? Oui, si vous voulez, mais elles vont dans le bon sens, celui d'une amélioration du bien-être et de la sécurité de chacun. Il faut les considérer comme des mesures de salubrité publique. De toute façon, cela ne me gêne pas d'être traité « d'écolo intégriste » comme vous dites dans la mesure où j'ai la certitude que cette politique sert l'intérêt général. D'ailleurs, je suis persuadé que l'intégrisme dont vous faites état serait plutôt du côté des « anti-écolos » et ils sont malheureusement encore nombreux !

Avant de nous quitter, un dernier mot, monsieur le maire ?

Oui, pour vous dire que, conformément à la tradition démocratique, les élus seront en première ligne pour donner l'exemple. C'est ainsi que désormais, ils devront se rendre à leurs différentes réunions, dont le conseil municipal, à pied, à vélo ou en co-voiturage. A ce sujet, nous voterons prochainement en conseil une indemnité supplémentaire compensant le coût d'achat de pinces à vélo (en hiver) ou de cuissards (en été). Le personnel municipal ne sera pas en reste puisque chaque fois que possible, aux déplacements en voiture se substitueront les déplacements à vélo. Le parc automobile municipal sera ainsi réduit et les économies réalisées serviront à développer un réseau intercommunal gratuit de transports en commun.

Pour finir, vous êtes-vous fixé une échéance ?

D'ici un an nous aurons significativement avancé.

Donc, rendez-vous dans un an ?

C'est cela. Rendez-vous le 1er avril 2014

Nous y serons !



lundi 28 janvier 2013

L'ADEMUB a sorti son bulletin


L'ADEMUB (Association pour la Défense de l'Environnement et la Maîtrise de l'Urbanisation à Brétigny sur Orge) vient de publier son dernier bulletin.

Citons en particulier un article intitulé « Cyclistes, les nouveaux forçats de la rue », révélateur de la difficulté de faire accepter par les élus que le vélo est un mode de transport à part entière.

Brétigny sur Orge, Milly-la-Forêt, même combat !

Plus d'informations sur le site de l'association

vendredi 24 août 2012

Milly-la-Forêt : Allo vélo bobo ! (suite)

Le double sens cyclable à Milly-la-Forêt : une utopie ?

Voici un article de Terra Eco paru le 22 juillet 2010, soit quelques jours après l'entrée en vigueur du décret faisant du double sens cyclable la règle dans les rues à sens unique situées en zone 30.

Il passe en revue les principales idées reçues en la matière en s'appuyant sur les expériences déjà en place à l'époque et les démonte imparablement une par une.

En bas d'article, la liste des sources permet, pour ceux qui le souhaitent, d'approfondir leur connaissance du sujet.

Puissent nos élus milliacois les lire et s'en inspirer !




samedi 18 août 2012

Milly-la-forêt : Allo vélo bobo ! (suite)

Ça y est ! Depuis quelques jours, les cyclistes milliacois ne peuvent ignorer que le double sens cyclable sur les voies à sens unique en zone 30 n'est pas autorisé dans leur bonne ville. Une signalisation adéquate se charge de leur rappeler.

Le double sens cyclable est-il dangereux boulevard maréchal Lyautey ?

Rappelons (voir article précédent) que cette disposition a fait l'objet d'un arrêté du maire pris le 15 décembre 2011 (et non le 2 février 2012 comme indiqué par erreur dans le dernier bulletin municipal).

Rappelons également les réserves que nous avons émises et qui se résument de la façon suivante :
  • D'après le décret 2008-754 du 3O juillet 2008, le double sens cyclable dans les voies à sens unique situées en zone 30 est la règle. Son interdiction, autorisée par le même décret, devient donc l'exception (voir fiche 3 et surtout fiche 6 du CERTU).
  • L'intérêt du double sens cyclable est à la fois de raccourcir les distances à parcourir pour les cyclistes et de garantir la sécurité du fait d'une meilleure visibilité.
  • Cette sécurité est avérée puisqu'aucune augmentation de l'accidentologie n'a été constatée dans les nombreuses villes françaises et européennes où le double sens cyclable a été mis en place.
  • C'est plutôt un « apaisement » dans le comportement des protagonistes qui a été constaté, compte-tenu d'une prise de conscience de chacun et d'une vigilance réciproque. Une réduction de la vitesse des automobiles et des deux-roues motorisés a même été relevée.
  • A contrario de ces retours d'expérience, l'arrêté municipal de Milly-la Fôrêt invoque « la nécessité d'assurer la sécurité de tous les usagers de la route ». Notre ville serait donc l'exception. Pourquoi ?
  • L'arrêté invoque un motif général alors que chaque rue devrait être étudiée au cas par cas, compte-tenu de leur spécificité : qu'y a-t-il de commun entre les conditions de circulation du boulevard du maréchal Lyautey et celles de la rue Jean Cocteau ?

La réflexion sur la circulation à Milly-la-Forêt mérite mieux qu'un simple arrêté municipal pris hâtivement et en catimini : la vitesse excessive et le souci d'assurer la sécurité des utilisateurs nécessite une réflexion de fond maintes fois mais vainement sollicitée.
A elle toute seule, la place de la Halle doit par exemple faire l'objet d'un travail particulier. Il s'agit en effet d'un site se prêtant parfaitement à l'aménagement d'une zone de rencontre (vitesse limitée à 20 km/h pour les voitures, priorité aux piétons et aux vélos).

Oui, mais voilà, tout ceci ne peut se faire sans se livrer à un exercice encore loin des usages en vigueur à Milly-la-Forêt: LA CONCERTATION. Peut-on imaginer qu'une décision concernant au premier chef les cyclistes ait été prise sans les consulter ? Eh bien oui, la mairie l'a fait, accroissant cette désagréable impression que communiquer a minima est désormais la règle.

Une autre preuve ? Quelle diffusion de l'arrêté municipal autre que l'affichage légal (dont chacun connaît la portée) a été faite ? Réponse : aucune. Et ce n'est que 6 mois plus tard que le bulletin municipal en fait état, quelques jours avant son application sur le terrain ! Ni le bulletin de mars 2012, ni le site internet, ni les procès-verbaux des conseils municipaux de 2012 n'en font mention.

Nous avons donc décidé de formuler un recours gracieux auprès de la mairie, même si le délai est largement dépassé (et pour cause !). Nous ne pouvons en effet envisager qu'une telle décision ne soit pas réexaminée.

Il est temps que nos élus locaux nous donnent des signes positifs de leur volonté de faire évoluer durablement des conditions de circulation en centre-ville qui se détériorent jour après jour, le premier signe étant de traiter chaque mode de déplacement de façon strictement équitable.

(A suivre)

dimanche 22 juillet 2012

Milly-la-Forêt : Allo vélo bobo !

La lecture du dernier bulletin municipal de Milly-la-Forêt nous a laissé pantois.
La cause ? Un articulet en page 17 intitulé « Cyclistes, le code de la route s'applique aussi ! »

Il en ressort que :
  • Un arrêté municipal du 2 février 2012 interdit « la circulation des vélos dans le sens contraire  des voies en zone 30 »
  • Cette mesure se justifie par la dangerosité du double sens cyclable dans le centre-ville historique
  • Et, pour finir, un petit rappel pour la route : « La circulation sur les trottoirs est réservée aux piétons »

Qu'un arrêté municipal de février soit porté à la connaissance du public en juin, voilà qui a de quoi faire réfléchir. Naturellement, nul n'est censé ignorer la loi et il ne fait aucun doute que le texte en question ait été réglementairement affiché sur les panneaux réservés à cet effet. Toutefois, nous ne pouvons nous empêcher d'observer que ni le bulletin municipal de mars 2012, ni le site internet ni les conseils municipaux qui se sont tenus depuis lors n'ont relayé l'information.
Compte-tenu que cette décision a été prise sans aucune concertation avec les utilisateurs, un léger doute nous assaille : rien de plus que ce qui est strictement obligatoire n'a été fait pour diffuser l'information. Serait-ce par peur qu'elle le soit trop rapidement et trop largement ? Et ne serait-ce pas un moyen de se prémunir contre un éventuel recours, dont le délai est de deux mois ?

Voilà qui nous ramène inexorablement à notre sujet de discussion favori avec les édiles locaux : la concertation.

Voyons cela de plus près. La mairie, légitimement préoccupée par la circulation en centre-ville et les questions de sécurité qui en découlent, décide de mettre en place une zone 30. Intention louable, certes, mais dont l'ensemble des modalités sont définies ex cathedra, probablement par un petit comité regroupant des élus et les inévitables « experts ». Nos demandes réitérées de création d'une commission extra-municipale chargée de travailler globalement sur les déplacements restent donc désespérément lettre morte.
Et voilà maintenant la cerise sur le gâteau : une nouvelle décision portant sur l'interdiction des double-sens cyclables, toujours unilatérale car bien évidemment les milliacois n'ont aucun avis sur la question et surtout pas les cyclistes !
Certes, il n'existe pas sur Milly-la-Forêt d'association spécifiquement vouée à la défense des intérêts des cyclistes, mais si la mairie, ainsi qu'elle l'a fait récemment, convoque les associations dites environnementales pour débattre du PLU, ne devrait-elle pas le faire aussi pour les déplacements, sujet qui, jusqu'à preuve du contraire, les concerne largement ?

Loin de nous l'idée de remettre en cause les compétences de nos décideurs locaux. Néanmoins, nous ne pouvons nous défaire de l'impression que l'arrêté en question a été pris trop hâtivement et sans avoir préalablement fait l'objet de toute la réflexion que le sujet mérite. Pour preuve l'argument principal qui est avancé : « ...certaines rues très étroites rendent dangereuse voire impossible la circulation à double sens des cyclistes » dont nous aimerions bien savoir sur quoi il se fonde.

En effet, partout où les doubles sens cyclables ont été mis en place, aucune évolution de l'accidentologie n'a été enregistrée que ce soit en quantité ou en gravité. Qui plus est, les analyses montrent que dans les rues étroites (comme c'est le cas dans le centre-ville de Milly-la-Forêt), le risque d'accident frontal est quasi-nul pour la bonne et simple raison que les usagers se voient mutuellement et ralentissent de façon naturelle.
Cette dernière observation corrobore deux autres conséquences positives observées par ailleurs : la réduction de la vitesse et un plus grand respect mutuel entre les utilisateurs.
Or, quelle est la plaie endémique de la circulation dans notre centre-ville ? Réponse : la vitesse et la difficile cohabitation entre les différents modes de transport.
Le double sens cyclable produit donc incontestablement un effet d'apaisement plus sûrement que toutes les campagnes de prévention ou de répression réunies.

La vie, c'est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l'équilibre  Albert Einstein

Alors, mesdames et messieurs les élus municipaux, soyez compréhensifs, réexaminez la question plus en profondeur et vous découvrirez que sur le long terme, le double sens cyclable produit de multiples effets positifs dont celui de traiter le vélo comme un véhicule à part entière.
Voilà en effet une réalité qu'il faut rappeler. Avant d'être un instrument de loisir, le vélo est utilisé pour leur usage quotidien par toutes celles et ceux qui en ont fait volontairement le choix ou qui n'ont tout simplement pas les moyens de posséder ou d'entretenir une voiture (et vous savez qu'ils sont nombreux sur la commune). Nous entrons donc dans un domaine dont tout élu doit être le garant : celui qui consiste à redistribuer l'utilisation de l'espace public de façon équitable entre chaque citoyen sans distinction d'aucune sorte

Pour finir, une remarque sur l'encadré de fin d'article indiquant que "La circulation sur les trottoirs est réservée aux piétons". Enfin ! pourrions-nous dire, un rappel au civisme et un signe en faveur des droits du piéton....
....à condition bien sûr que, dans le souci d'équité mentionné ci-dessus, ce rappel concerne le stationnement sauvage des voitures, sur les trottoirs et ailleurs.

 

Pour en savoir plus :

Le point sur le double sens cyclable (MDB - Mieux se déplacer à bicyclette)