vendredi 8 mars 2013

LE CHOIX DU NUCLÉAIRE BAFOUE LA DEMOCRATIE

Communiqué du CIREN (*) publié à l'occasion de la chaîne humaine contre le nucléaire civil et militaire du 9 mars, à quelques jours du deuxième anniversaire de Fukushima.
(*) Collectif citoyen d'Information sur la Radioactivité Et le Nucléaire - ciren@mailoo.org


La France, pays le plus nucléarisé du monde (en nombre de réacteurs par habitant) compte 58 réacteurs et, ce que l'on sait moins, 1 100 sites contenant des déchets nucléaires. Tout cela pour fournir 80% de notre électricité mais seulement 17% de notre consommation d'énergie !

Or, de l'aveu même de l'ancien président de l'Autorité de Sûreté Nucléaire, André-Claude Lacoste, « Personne ne peut garantir qu'il n'y aura jamais un accident grave en France » (Le Figaro 31 mars 2011). Alors ? Faut-il attendre une catastrophe (*) pour décider de mettre un terme à ce que des observateurs de plus en plus nombreux considèrent comme une aberration économique, sociale, environnementale et sanitaire ? Et que dire de nos décideurs qui, conscients du risque continuent de clamer haut et fort que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ?

(*) En France, 75 % des réacteurs ont plus de 25 ans


La centralisation, mère de tous les maux

Le tout-nucléaire français se caractérise par deux éléments essentiels : ses origines militaires et le centralisme outrancier à la française. Ces deux marques de fabrique expliquent l'opacité permanente qui entoure toute information même en cas d'accident grave et la mainmise d'une minorité sur les décisions. Les entreprises publiques de l'énergie ont totalement verrouillé l'information au point d'en priver même leur ministère de tutelle.

À cela se rajoute la forte syndicalisation de ce secteur qui a progressivement dérivé vers une défense de la politique nucléaire plutôt que de la clientèle, contribuant ainsi à l'éloigner de sa mission de service public. Voilà pourquoi, rien ou peu n'a été fait en termes de réduction de coûts, d'efficacité énergétique, de diminution de la consommation d'électricité, d'économies des ressources ou de prévention des pollutions ou des risques.

Vous avez dit oligarchie ? Vous avez raison.

Cette situation s'est installée durablement au fur et à mesure de la montée en puissance de l'industrie nucléaire à partir de 1974, initiée par la décision giscardienne d'un vaste programme de nucléarisation de la France, prise, faut-il le rappeler, sans aucune consultation de la population française.
Ce déficit de démocratie n'a cessé de se creuser et ce, malgré le succès de certaines mobilisations citoyennes (Plogoff ou Le Pellerin)

Désinformation sans frontières

Rappelons par exemple le débat sur l'énergie de 2002 (gouvernement Raffarin) ne rassemblant pratiquement que des fonctionnaires ou des salariés des grandes entreprises publiques et bien sûr le Grenelle de l'Environnement en 2007 où le sujet du nucléaire fut d'emblée écarté !

L'autre domaine ou s'exerce ce qui est une véritable omerta est celui de l'information.

Citons Eric Besson, alors ministre de l'industrie, insistant en 2011, juste après Fukushima sur "l'effort de transparence de l'ASN (autorité de sûreté nucléaire ) et de l'IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nationale) qui informent sans relâche. Toute l'information que nous avons, nous la donnons"
Transparence ? Quelle transparence ? Celle qui prétend que rien ne peut nous arriver en France alors que nous avons, sans le savoir, frôlé à plusieurs reprises la catastrophe sur notre propre territoire ? (voir encadré ci-dessous)

Mais nous n'avons malheureusement pas le monopole de la désinformation.
Une enquête du « Guardian » a mis à jour la véritable intoxication médiatique mise en place en 2011 par le gouvernement britannique afin de minimiser l'importance de la catastrophe de Fukushima, illustrant la collusion entre le lobby nucléaire et le gouvernement de David Cameron comme auparavant avec Tony Blair.

Aux Etats-Unis, la centrale de Hanford (1), fermée en 1987 détient les deux tiers des déchets nucléaires du pays. D'importantes fuites ont été détectées depuis longtemps sans que le gouverneur de l'État ne s'en émeuve. Aujourd'hui, il se contente simplement d'assurer que la population ne court aucun danger.

Ces pratiques de dissimulation au sein des États se font évidemment sentir lors des discussions internationales sur la sécurité et la sûreté nucléaire.

L'Union Européenne a vécu de fortes tensions lorsqu'elle s'est heurtée au refus français de durcir les « stress tests » après Fukushima. La question de l'indépendance de l'expertise nucléaire a été posée, pour l'instant sans réponse satisfaisante.

Même chose au niveau mondial. L'AIEA (Agence Internationale de l'Energie Atomique) est en effet liée à l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) par un accord, daté de 1959, stipulant que les deux agences "peuvent être appelées à prendre certaines mesures restrictives pour sauvegarder le caractère confidentiel de renseignements qui leur auront été fournis". Comment alors s'étonner de la quasi-inexistence de rapports sérieux et d'actions significatives de l'OMS après Tchernobyl et Fukushima ?
Alors que faire ?

(1) Le site de Hanford, construit en 1940 est tristement célèbre pour avoir produit les bombes atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki.




« Le risque ne doit plus être imposé, il doit être choisi »

En France, l'opinion publique est largement méfiante voire hostile face au nucléaire (voir encadré ci-dessous) et, comme l'indique Michèle RIVASI (2) : « Le débat sur le nucléaire est un enjeu de transparence et de démocratie : le risque ne doit plus être imposé, il doit être choisi. Et pour cela, les citoyens doivent avoir accès à une information transparente et contradictoire »

Les nucléocrates, opposés au débat, utilisent un argument qu'ils croient imparable, « le sujet est trop complexe », afin de masquer les vrais enjeux : la balance entre les avantages et les inconvénients de cette industrie . Mais en même temps, il résume bien l'état d'esprit de nos décideurs, emplis de certitudes. A ceci près que la question n'est pas technique mais sociale, sociétale, environnementale et sanitaire. De quel droit quelques-uns s'arrogeraient-ils le droit de décider du choix de notre mode de vie et de celui de nos descendants ?

Il faut un vrai débat, un débat qui va au delà des questions économiques ou de confort, un débat qui dépasse le cadre de nos habitudes, ce que résume bien cette formule d'Einstein : « On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l'ont engendré »

Il est tout à fait possible d'organiser des conférences de citoyens ou des sondages délibératifs à condition de s'en donner les moyens et surtout d'en avoir la volonté politique. Cela a déjà été pratiqué, notamment au Japon. Bien entendu, cela ne s'improvise pas. Il faut prodiguer aux participants la formation nécessaire pour pouvoir discuter efficacement avec un panel de spécialistes, mais ensuite, quel enrichissement pour les uns et les autres !
Le débat nucléaire est justement l'occasion d'inaugurer ce type de consultation

Prenons notre destin en main

Et puis, au quotidien, il y a l'information nécessaire, et puisqu'on ne nous la donne pas allons la chercher !
Le but d'une manifestation telle que la chaîne humaine est justement de faire découvrir les sources d'information existantes, d'inciter celles et ceux qui souhaitent en savoir plus à se mettre en relation afin qu'à leur tour, ils échangent, partagent, débattent.
Il y a toujours, pas loin de chez nous une association, un groupe, un collectif menant régulièrement ce genre d'échanges sur le terrain. Une liste est disponible sur le site internet de« Sortir du nucléaire » 

Face à ceux qui détiennent les leviers de décision, la lutte peut paraître inégale, mais est-ce une raison pour ne rien faire ?
Bien au contraire, prenons notre destin en main et faisons en sorte de ne pas avoir à rougir plus tard devant nos descendants car nous ne pourrons plus dire que nous ne savions pas.

(2) Députée européenne EELV – Fondatrice de la CRIIRAD - http://www.criirad.org/
(Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité)


Les incidents et accidents nucléaires en France

Sur l'échelle des événements nucléaires allant de 0 à 7, l'ASN reconnaît officiellement en France plusieurs centaines d'écarts de niveau 0 et une centaine d'anomalies de niveau 1.
Beaucoup plus grave, des accidents de niveau 4 ont eu lieu dans la centrale de Saint Laurent des Eaux (Loir et Cher) en octobre 1969 et en mars 1980, en mai 1988 à Civaux (Vienne), en décembre 1999 à la centrale de Blaye ou encore à Golfech lors de la canicule de 2003.

(Source : Greenpeace).



Sondage CSA pour Greenpeace mars 2012

80% des français pensent que la France est trop dépendante de l'énergie nucléaire et qu'elle devrait diversifier ses sources d'énergie
88% des français déclarent être insuffisamment informés sur les mesures d'urgence à prendre en cas d'accident nucléaire
76% des français pensent que les centrales françaises sont vieillissantes et que cela augmente les risques d'accident
84% des français pensent que les citoyens ne sont pas suffisamment consultés en matière d'énergie et dans le choix du nucléaire
54% des français pensent que la France pourrait se passer de l'énergie nucléaire en privilégiant les énergies renouvelables et les économies d'énergie.

mercredi 27 février 2013

Stéphane HESSEL est parti. L'indignation reste


Source : Poètes indignés

Au revoir Stéphane HESSEL et merci de nous avoir donné une telle leçon de vie.

mercredi 6 février 2013

Chaîne humaine contre le nucléaire : le CIREN vous invite le vendredi 15 février à Melun

Le CIREN et le réseau Sortir du Nucléaire co-organisent une réunion d'information sur la chaîne humaine du 9 mars 2013 à Paris

Ordre du jour :
  • Présentation des organisateurs
  • Présentation de l'événement
  • Pourquoi et comment participer

Lieu : Astrocafé, médiathèque l'Astrolabe – 25 rue du château – 77000 Melun (accès par l'arrière de la médiathèque – entrée libre – consommation souhaitée) 
Plan d'accès ici

Accueil à 19h30 – Réunion à 20h

Contacts :
CIREN 77 (Collectif citoyen d'Information sur la Radioactivité Et le Nucléaire)
Antoine GIRARD - ciren@mailoo.org
Sortir du Nucléaire – Jocelyn PEYRET - mobilisations@sortirdunucleaire.fr

Voir le communiqué du CIREN

VENEZ NOMBREUX !


mardi 5 février 2013

Débat national sur la transition énergétique : peut mieux faire et même largement mieux !



En ce début de février, inutile de scruter en détail votre quotidien favori ou de tendre une oreille plus qu'attentive à votre station de radio préférée. À aucun moment vous n'y trouverez la moindre trace de la plus petite ébauche du moindre embryon d'information sur un sujet pourtant majeur : la transition énergétique.

C'est en toute discrétion que le lundi 4 février, le ministère de l'Écologie, du Développement Durable et de l'Énergie nous a annoncé le lancement du site internet dédié au débat national sur la transition énergétique (ici et ), une information relayée par les seuls sites internet spécialisés.

Que ce débat doive avoir lieu et qu'on lui donne toutes ses chances est une évidence tant il est clair que la question de l'énergie est la question centrale qui conditionne notre avenir à tous car ce sont nos modes de production et de consommation de demain qui sont en jeu.

Il faut donc donner à chaque citoyen les moyens de participer librement et pleinement au débat, tout en lui fournissant les informations dont il a besoin à condition qu'elles soient fiables, complètes, claires et objectives.

Voir à ce sujet l'excellent article de Novethic Info du 4 février 2013.

On ne peut donc que souhaiter que la communication gouvernementale se renforce et occupe le terrain médiatique de façon beaucoup plus prononcée. En attendant, le site officiel donne quelques indications sur la façon de participer au débat, même si l'on peut regretter que certains outils annoncés ne soient pas encore opérationnels.

Ajoutons toutefois que certaines régions ont déjà commencé leurs travaux. C'est le cas de l'Ile de France (voir ici le site de l'ARENE) et surtout des Pays de la Loire (voir ici le site de leurs Etats régionaux de l'énergie

Voir aussi la communication du premier ministre datée du 25 janvier 2013 : " Faire émerger un nouveau modèle de société grâce à la transition énergétique ". Acceptons-en l'augure !

lundi 28 janvier 2013

L'ADEMUB a sorti son bulletin


L'ADEMUB (Association pour la Défense de l'Environnement et la Maîtrise de l'Urbanisation à Brétigny sur Orge) vient de publier son dernier bulletin.

Citons en particulier un article intitulé « Cyclistes, les nouveaux forçats de la rue », révélateur de la difficulté de faire accepter par les élus que le vélo est un mode de transport à part entière.

Brétigny sur Orge, Milly-la-Forêt, même combat !

Plus d'informations sur le site de l'association

Gaz et pétrole de schiste : les mots entrent en jeu

Source : quartier-europeen.eu

Le journal « Le Monde » du 22 janvier nous apprend que s'ouvre un nouveau front dans la bataille des hydrocarbures de schiste : celui des mots. Le terme de « fracturation hydraulique », considéré comme trop violent serait à l'origine de leur impopularité et de la forte opposition à laquelle ils se heurtent en France.

Voici donc que nos brillants stratèges pétroliers se découvrent des qualités de sémanticiens, et chacun d'y aller de sa proposition, la palme revenant au « massage de la roche » qui a obtenu les faveurs de Christophe de Margerie, le PDG de Total.

Nous aurions toutefois tort d'en rire trop longtemps car cet épisode sémantique confirme l'acharnement des pétroliers, explorant méthodiquement les pistes susceptibles de les faire arriver à leurs fins et exploitant toutes les ficelles concoctées par leurs communicants, afin de conquérir une opinion publique qui leur est défavorable .... pour l'instant.

N'oublions pas que, sur le terrain de la communication, ils ont incontestablement pris la main en abreuvant les médias de communiqués, articles ou déclarations diverses, directement ou via de zélés intermédiaires.

En réponse à cette déferlante, le citoyen responsable doit être conscient de ses propres forces, à commencer par celle du nombre .

Plus nous serons nombreux à...

...plus nous contribuerons à rééquilibrer le débat et à le replacer systématiquement sur le fond, en dehors de tout artifice de langage.

En conclusion, ne sous-estimons aucune initiative venue d'en face, mais ne sous-estimons pas non plus la force d'une mobilisation citoyenne, notre force !


dimanche 27 janvier 2013

1er février à Chelles (Seine et Marne) : réunion publique de présentation de la chaîne humaine


La chaîne humaine pour l'arrêt du nucléaire civil et militaire qui aura lieu le samedi 9 mars 2013 à Paris, s'organise.

3 collectifs ou associations vous convient à une réunion publique de présentation le vendredi 1er février à 20h30 à Chelles (Seine et Marne)

Ce sont le CIREN, Collectif d'Information sur la Radioactivité Et le Nucléaire (Seine et Marne et Sud Essonne), le collectif Ecologie Durable et le réseau Sortir du Nucléaire

Ordre du jour
  • Présentation des collectifs (objectifs et fonctionnement)
  • Présentation de l'événement Chaîne Humaine du 9 mars à Paris
  • Pourquoi et comment participer à cet événement et à sa préparation
Lieu : Salle des Ilettes – 3 rue de l'Ilette – 77500 Chelles
(rez de chaussée du grand immeuble face à la mairie)
Situation exacte sur Google maps

Contacts
CIREN : Antoine GIRARD - ciren@mailoo.org
Energie Durable : Franck ROLLAND - franckrolland@yahoo.fr
Sortir du Nucléaire : Bertille DARRAGON - mobilisations@sortirdunucleaire.fr




Samedi 2 février 2013 : Village Énergie à Montreuil


Un après-midi à ne pas manquer, celui du samedi 2 février à la mairie de Montreuil (Seine Saint-Denis)

Venez vous renseigner sur les solutions énergétiques respectueuses de l'environnement, axées autour des 3 « E » :
  • Économies d'énergie
  • Efficacité énergétique
  • Énergies renouvelables

Venez découvrir le film documentaire « Comme l'abeille qui fait tourner la terre », retraçant l'histoire des habitants de l'île japonaise d'Iwaishima et leur résistance pacifique à un projet de complexe nucléaire (voir le site officiel du film)

Le programme complet sur le site de « Sortir du nucléaire Paris »

Voir aussi le site de « Yosomono-net », co-organisateur de la manifestation